Bloc-notes écrit par une sale gosse.

28.3.26

Wake me up before you go-go


Championne de la lose, me voici.

Évidemment, chanter avec Prince depuis mon canapé en plein milieu de la nuit n’allait pas vraiment m’aider à avoir un réveil frais.

4h30 de sommeil plus tard, tandis que je suis en train de rêver que je me promène dans ma ville le soir (j’en sais rien, peut-être que j'avais faim et que je cherchais une friterie…), j’entends ma mère qui m’appelle depuis mon hall d’entrée. Parce que voilà, j’ai su chanter Purple Rain en chœur, mais en me réveillant la joue collée à l’oreiller, j’ai réalisé que j’avais totalement oublié de foutre le réveil pour aller faire les courses (je suis à pattes, je refuse de porter 9 bouteilles de lait sans lactose dans les bras avec les croquettes de mon chat. Puis mon corps n’y survivrait pas.)

Bref, j’ouvre les yeux sur ma boulette, en panique. Comme une ado de 16 ans, je finis par négocier un décalage de la corvée, qui fut accepté. Me connaissant de mieux en mieux, j’ai évité de replonger dans les bras de Morphée pour compléter ma nuit. Petit twist, le truc m’a filé un mal de crâne d’un coup. Je sais pas si c’est un phénomène répandu : le mal de crâne express sous le coup de la panique. Mais ça m’arrive bien que rarement ; comme rater de mettre mon réveil… j’ai trop de mes deux mains en 39 ans pour les compter.

Suis allée faire les courses sous caféine et un xanax avalé tard en étant jetlaguée ; je conseille pas. On fait ça quand on a 20 ans et qu’on se paye des nouilles chinoises dans des pots en plastique et qu’on engloutit du soda comme de l’eau minérale.

J’ai aussi compris qu' à mon âge, mon problème ne serait pas de porter des mini-jupes pour faire jeune. C’est de croire qu’on peut faire les mêmes conneries sans ramasser la facture le lendemain. Clairement, je ne sais plus vraiment m’aligner.

Afin d’éviter de m’enfoncer dans ce principe con que j’ai du mal à accepter, j’essaye de faire des doigts d’honneur un peu mous à la sieste qui hurle.

À part ça, j’ai un souci avec les paquets de jambon.

Sombre histoire.

Hide and seek


Va falloir s’y faire et, probablement, je recommencerai dans 3 semaines, 2 jours ou 6 mois. Mais c’est cool ! Pour vous, ça vous fait une sorte de petit jeu de piste bricolé à la hâte et à résoudre quand vous me lisez aux toilettes ou dans la salle d’attente d’un cabinet dentaire.

Je suis du genre à faire mes valises sur un coup de tête en laissant tomber 3 petites culottes et une chaussette dans mon élan. La fille qui claque des portes très fort quand elle se barre. Je suis ce genre de relou. Mon blog me suit typiquement dans mon fonctionnement… il est là, il vit, il se referme, il se barre, revient en scred, puis revient tout court le temps que ça dure. Privé ou pas, ça a toujours fonctionné comme ça. Peut-être que je suis une claustrophobe des univers, j’en sais rien. Que j’ai toujours besoin de tout brûler pour ensuite tout recommencer. Entre chaque déplacement, des choses se perdent, sont mal rassemblées ou sont encore mieux. Bref, vraiment la fille de mon père.

IRL, c’est la même histoire. Je ne compte plus le nombre de lettres importantes reçues ou que j’ai pu écrire à d’autres et que j’ai perdues. Des tas ! Un peu comme mon ancienne collection de CDs. Genre à distribuer mes galettes aux quatre vents puis à me barrer sans rien demander en retour.

Oui, vous en faites pas, j’ai tout à fait conscience de la tronche que ça a. 

Cela étant dit, mon blog fait très bien son boulot. Parce que c’est lui qui prend tout dans sa gueule, et ça m’évite de faire de la merde dans le privé. Pour ça, je dois dire que je suis comblée.

Brefouille, je lui ai aussi filé un nom crétin avec mon sens de l’humour crétin parce que vive la crétinerie infantile. 

Il est 2 h du matin ! Purple Rain tourne en fond sur la télé, vestige solide de mon passé. Merci à Prince de m’accompagner dans ce foutoir depuis longtemps et pour ces fleurs sur la pochette de son album qui se retrouvent en papier peint ici.

À demain ! (enfin, je crois, hein…)

27.3.26

Haters gonna hate

J'espère qu'on gardera son compte instagram ouvert histoire que ça témoigne précisément de la dégueulasserie des gens. 

Que les gens qui ont posté des horreurs assument bien leurs propos. 

26.3.26

Tell me what you know about dreams, dreams

Voilà.

Tout sera évidemment raconté. Tout ce qu'il y a de plus laid, sordide, glauque. On râclera jusqu'à l'os s'il le faut. 

Peut-être qu'un jour, les gens se pencheront sur ce qui s'est passé. Au final, sur leur propre comportement. Qu'il est si simple de se dire qu'on ne se rendait pas compte, qu'on ne pouvait pas mesurer, à l'époque, le carnage que ça allait faire. Comme il est doux de s'enrober de quelques aveux sur sa propre crasse quand on a cultivé la douleur, les larmes, la demande, le besoin, la dépendance du plus fragile durant des années.

Loana était Loana. Elle n'était pas Marilyn Monroe. Parce que j'entends déjà les mots tomber comme des roses sur ce qu'on n'a pas su prendre soin. À la poubelle, avec le reste. Tout comme cette hypocrisie qui pue encore plus aujourd'hui qu'hier. C'était une fille jeune, broyée bien avant l'heure, go-go danseuse, perdue, avec un manque d'amour colossal. Des failles béantes par lesquelles on a tenté de faire entrer la lumière, comme dans une chanson de Cohen, sauf que tout s'est cassé la gueule sans poésie, sans finesse, sans beauté.

Quand on décide d'accepter la candidature de cette fille à un jeu, on a assez louvoyé dans le monde de la télévision pour savoir vers quoi on tend, vers ce qu'on espère voir se produire et c'est tout sauf subtil ou joli. Des étoiles en papier pour décorer, des mots pour découper.

En 25 ans, chacun a assisté à un désastre. 25 longues années à se demander si c'était bien ou mal. 25 ans, c'est ce qu'il aura fallu pour la rendre ultra dépendante d'une came si hallucinée qu'elle n'en reviendrait jamais. 

Loft Story a été, est et restera ce qu'on a envoyé de plus nocif comme message aux gens. Ne faites rien, ne produisez rien, ne soyez que chair et on s'occupe du reste. On éditera tout le bordel tandis que vous serez claquemurés dans un univers opaque dans lequel vous n'aurez aucun contrôle. Et à peu de choses près, ça ressemble à quelque chose de tout à fait crasse, pas du tout éthique et purement abusif dans la plus stricte définition du terme.

La sortie est démentielle et totalement asymétrique. Des Champs-Élysées bondés pour fêter le droit d'avoir respiré dans une maison truffée de caméras, en vase clos.

Autrement dit, le rien.

Un manque d'amour abyssal qui se prend dans la gueule une bombe d'amour phosphorique.

C'est la seule lumière qu'elle verra de toute sa vie.

Elle aura essuyé tous les plâtres. Non, ce n'était pas une pionnière. Juste de la chair à canon. Une plaie qui saigne pour les requins. Une blonde qui a mal pour les vautours qui attendent patiemment.

Non, rien n'a été joli. Et rien ne l'a été ensuite.

Si elle a dégringolé de sa propre lumière, elle n'aura pas manqué de faire refléter le pire de chacun durant sa chute. On a tous regardé une fille essayer de se mouvoir dans notre regard, qui a été celui qu'on lui a donné. Celui à travers lequel elle s'est si longtemps regardée, identifiée.

Un miroir encore plus cruel que celui de sa salle de bain.

Qu’elle s’en aille et qu’elle ne se retourne pas.

Jamais.

Derrière elle, il n’y avait que notre laideur.

25.3.26

All woman


Je pense que je n'ai jamais autant ramassé dans ma tronche avec mes règles que cette fois-ci. WTF. ça a commencé par une partie de cache-cache absolument ridicule durant quelques jours. Seulement voilà, avoir des règles qui font les timides au début ne veut pas dire que les hormones le sont aussi. Mes hormones, elles, étaient en super confiance, au top de leur forme et de leur puissance dans une ambiance trash metal. Ensuite, comme je l'ai écrit, mes règles ont fini par retrouver leur putain de chemin et ça a été l'ouverture des vannes as usual

Pendant que ma vie avait le même taux d' hémoglobine qu'une certaine scène dans Shining, l'inflammation a décidé de vraiment super bien s'installer sur le visage pour bien me refaire le portrait. Au début -et parce que je foutais du baume Lipikar pour le corps sur mon visage aride-, je me disais que ça commençait à délirer parce que bah je foutais trop de crème pour le corps sur mon visage fragile. Que nenni ! C'est pas la faute à La Roche Posay, pas la faute à la gamme Lipikar. No ! La faute à cette pute d'endométriose qui décide d'être raccord niveau ambiance à tous les étage du corps. La fête à la cave ? Contre fête au visage ! C'est même pas de l'acné, ce sont de très grandes plaques rouges qui chauffent comme un grille pain. 

Question physique : ugh moshpit intense en interne. A l'extérieur : le massacre. Même Rocky tenait mieux sur ses guiboles à la fin du film. 

J'arrive à la fin mais j'ai toujours l'impression d'être malade comme un chien. Autant dire que j'ai quasiment aucune inspiration pour écrire (sauf sur ce sujet satanique. Mais c'est bien, ça me fera une sorte de period tracker dans l'enfer de Dante! ahah).

Je vous tiens au courant si ma tête se met à faire des tours de 360° ou si je vomis en vert comme un geyser. 

Bon, je vais continuer de regarder Mon Petit Renne. 

À plus, Dimmy. 

22.3.26

Epic loser

Me suis levée ce matin en attrapant mon téléphone pour lire les nouvelles (on va tous crever, mais avant on sera tous pauvres). Avant, c'était un truc habituel, quotidien, bien ancré. Puis un jour, j'ai compris que je lisais un tas de caca quotidiennement qui conditionnait toute ma journée. Donc, j'avais pris l'initiative saine de lire toutes les deux semaines en diagonale. Bon, évidemment, je me suis pris dans la gueule la dernière trouvaille de Trump : l'Opération Epic Fury. Au début, je rigole. Genre, je rigole tellement c'est con. Ensuite, je me dis qu'y a des gens en costard hyper sérieux, hyper bien payés et bourrés d'assurance en eux-mêmes pour se dire : "ouais, c'est bien Epic Fury, on dirait un Marvel". Tandis que, de mon côté, ça fait juste genre titre de film branchouille sur des nanas quarantenaires en pleine crise existentielle qui sèment le chaos dans leur quotidien. Ou le titre d'un blog, hein, le mien par exemple. Ça aurait fait un bon titre de blog. Sauf que pour ce naze orange, c'est le sommet de la coolitude pour faire chier des gens, détruire des gens, tuer des gens. Encore. Du coup, je suis dans mon lit avec mon téléphone dans la main, je regarde le plafond et ça me prend... je chiale.

Normalement, je sais bien gérer l'actu. Ça veut pas dire que je m'en fous ou que je rigole. Non, je sais gérer, tirer un volet, coller un post-it dans ma tête avec une petite synthèse qui dit en substance : "situation merdique, connard en action, douleur persistante pour gens qui morflent, solution en carton tarde à venir". Mais, parfois, comme ce matin et plus traditionnellement avec Dodo, je chiale.

Je chiale et je le hais. C'est pas une détestation simple. C'est un bon gros dégoût, un truc laid, fatigué, plombé de désespoir et de haine. Je hais ce type viscéralement. Et croyez-moi, il m'en faut vraiment beaucoup pour haïr quelqu'un et lui souhaiter de la merde, car je souhaite rarement de la merde aux gens que je n'apprécie pas. Mais lui... putain, rien à faire, j'ai beau savoir que ça ne changerait pas fondamentalement les choses ni que ce serait le mieux, bah mon cerveau concocte 1000 scénarios cons : de la bronchite qui vire en pneumonie bien dégueulasse qui le cloue au fond de son lit jusqu'à une bande secrète de justiciers avec des maladies en phase terminale, drogués jusqu'aux oreilles, qui se disent qu'ils vont faire un petit ménage de printemps avant de tirer leur révérence. Histoire de rendre la place plus propre, que l'air sente un peu l'eau de Javel à la lavande, tu vois.

J'écris ça en faisant l'andouille, sauf que je connais mes larmes. Durant le Covid, j'avais beau nier les infos, aller faire mes petites courses avec mon gel hydroalcoolique et mon foutu masque en humant l'air du printemps (et mon haleine mentholée grâce aux chewing-gums), profitant du calme ; je revenais parfois chez moi toute contente, je finissais de ranger mes courses dans le frigo puis, une fois mon cul posé, ça me prenait d'un coup : larmes.

Avec Donald Orange, c'est pareil. Ce type est un pur bully. Un vrai. Celui que tu rêves, à l'école, de balancer dans une benne à ordures et de pisser sur son sac à dos. De cracher sur son plateau de bouffe. Lui foutre des claques sur la nuque dès qu'il a le dos tourné. Le bully que, s'il va pas bien, y a zéro carte postale de prompt rétablissement qui arrive entre ses mains. Le vrai boloss de toute l'école... que, quand il est pas là, t'as l'impression de vivre ta meilleure fête à Ibiza alors que tu planches sur de la trigonométrie qui te donne normalement envie de gerber. Le bully qui, même quand il dit un mot normal, sa voix t'agace directement. Le branque, le vrai putain de branque. Le médaillé de la tête à claques sur le podium des relous.

Du coup, mon réflexe, c'est de regarder des photos de Barack et Michelle pour me consoler, mais finalement, c'est encore pire. Ça me rappelle juste avec quel crétin on doit se coltiner un mandat de merde qui donne l'impression de durer des plombes. Et putain, ça va être LONG.

13h39 et j'ai toujours rien avalé. Le lave-vaisselle vient de finir son cycle, je vais aller ranger le bordel. Je sais pas encore ce que je vais bouffer... j'oscille entre de la malbouffe feel good (s'entend par là : gras, sucré, régressif as fuck) ou alors le healthy un peu chiant mais qui devrait remettre de l'ordre en interne. Bouffer ça devant la télé en regardant une grosse grosse grosse merde comme Sharknado ou bah justement, j'en sais rien. Ou alors un bon gros Tarantino. C'est bien ça, Quentin. Ça pourrait aider. Ou Fargo parce que la relation entre Margie et Norm me calme les nerfs directement... c'est ce truc avec les peintures de canards, faire des œufs à ta chérie enceinte qui se lève tôt le matin et de bouffer côte à côte sur la même banquette au resto parce que les gens s'aiment d'un amour simple et véritable.

Donald devrait se lancer dans la production de peintures de canards.

21.3.26

Magic moments

J'ignore totalement qui est cette déesse. Mais entre le chignon, la pince à cheveux, les lunettes yeux de chat et son haut Garfield rose, elle envoie du lourd. Donc, déesse, si tu passes par ici, sache que : je suis amoureuse, avec toutes mes salutations distinguées.

Bref.

Hier soir, après avoir fait une sieste de 6h (wtf), je me réveille complètement en PLS. C'est difficile de décrire l'endométriose car chacune vit la sienne à sa façon. Moi, j'ai des douleurs en random select hors règles (ce qui ne veut pas dire que je n'en ressens zéro durant la semaine rouge. Il y en a, mais les plus ciblées à l’utérus et ses potes ovaires, c'est pour le restant du mois). Je suis fracassée car c'est comme si je me tapais les pires crasses de maladie, mais sans maladie reconnaissable. Donc, en gros, c'est à la fois comme la pire grippe possible doublée d'une gastro bien entamée, mais ça ne se déclare pas en full frontal. Au lieu de ça, je sens l'inflammation me bouffer le corps, me coller des éternuements multiples en rafale, ma peau qui chauffe à fond la caisse dans le visage (yeaaaaah, je suis trop contente d'avoir le faciès qui déconne en harmonie avec le reste) et une grosse envie de chialer avec une grosse envie de gerber non concluante. c'estsuper.

Je me suis dit qu'une douche ferait l'affaire, mais durant la douche, j'ai bien compris que ce ne serait pas assez. Donc je prends un fond de bain (genre le bain du pauvre pasta mania fin de mois) durant 1h30. Ça m'a fait du bien, mais meh, ce n'était pas l'effet d'un spa wellness recommandé par Gwyneth, je vais dire. Je me ramène dans ma chambre, je patiente avec ma douleur en scrollant sur Reddit pour voir s'il n'y a pas des madames qui sont aussi en train d'envisager un exorcisme plutôt qu'une vie healthy relou avec de la bouffe non sexy pour éviter d'en chier. Et là, que vois-je ? Une ribambelle de femmes qui expliquent que le super truc, c'est de foutre de l'huile de ricin sur le bidou et la zone utérine.

Je me dis que c'est encore un machin pas loin où on doit danser autour d'un feu à la pleine lune, complètement à poil en chantant Taylor Swift en backward et un sextant pour bien regarder Mercure droit dans les yeux. Je ne suis pas convaincue de leur truc. Cela dit, étant dans une douleur plus proche de conne et invivable que raisonnable et gérable, je me suis souvenue que j'avais un flacon d'huile de ricin que j'avais acheté quand je pensais que ça m'aiderait pour mes cheveux (non, pas marché, trop lourd pour crinière trop fine).

Là, je me suis dit : foutu pour foutu, au pire, j'aurais un ventre super bien hydraté. Donc, puisque je n'y crois pas, je balance une énorme dose sur le bide en maudissant ma vie et en me disant que j'aurais vraiment fait un meilleur garçon ! Une fois chose faite, je scrolle sur mon téléphone où ChatGPT me fait un peu comprendre que ce sont des méthodes de pseudo-sorcières pas sponsorisées FDA et que, en gros, ça pue trop le remède bizarro d'une herboristerie chelou tenue par des fofolles qui regardent la lune. Je lui dis qu'il me nique mon humeur et l'onde bénéfique potentielle de mon huile de ricin, à ce bouffon.

Au bout de 40 minutes, meuf, mon putain de corps se calme grave. Et vient ensuite un soulagement profond quand mon visage cesse de me la jouer micro-ondes interne. Truc de dingue ! Bon, évidemment, ce genre de trucs un peu whimsy, ce n'est pas trop la came des lobbys pharmaceutiques, tu penses bien. Donc vaut mieux qu'on continue de croire qu'on est des hystéros fébriles et nulles en capacité à gérer une douleur dégueulasse.

J'ai super bien dormi. Je me suis réveillée aujourd'hui en me sentant franchement ok, avec un vrai truc assez calme à l'intérieur. Ça m'a foutu le sourire et j'ai passé une bonne journée !

MERCI HUILE DE RICIN.
Et merci aux filles désespérées.
Ce putain de Vietnam qu'on ne voulait pas faire non plus, bro.

You who were born with the sun above your shoulders

Écoutez les gars, je suis désolée de vous casser l'ambiance dans votre délire Carolyn Bessette, mais je ne suis pas sensible aux manteaux camel, aux cheveux blonds tirés en arrière et à la façade froide comme la banquise, avec une aura constipée.

Je ne l’ai jamais été et ne le serai jamais. Carolyn, c’était Gwyneth version arty. Elle serait sortie avec Sheldon du service financier de Calvin Klein, qu’on en aurait rien eu à foutre. Ça aurait juste été une fille bien habillée qui sort avec Sheldon, quoi !

Moi, ce que j’aimais, gamine, c’était le beau brun sorti d’une dynastie riche, frapadingue et totalement borderline dans le sens strict du terme, qui se déplaçait en costard ou en streetwear de façon intrépide dans tout New York, en roller ou en VTT plutôt qu’en limousine. Le gars avait le background, le style, la beauté et l’envie de mener sa barque lui-même, à sa façon, entre une cuillère en argent maudite et un hot-dog bouffé à la va-vite sur la 5e Avenue. C’était son côté urbain, vivant, solaire et tout-terrain (plus ou moins, hein) qui donnait du corps, du réel et de la densité à n’importe quelle blondeur chic éthérée. Gwyneth aurait très bien pu être castée à la place, ça aurait fait pareil.

Le mec parlait plus à mon bordel que Carolyn. Je ne suis pas loin de me remettre à chercher du boulot juste pour m’acheter un sac à dos Samsonite et filer au taff avec un skateboard. Ce qui, de fait, me mènerait encore plus loin que d’essayer de me la jouer Bessette en 12 étapes devant un fichu miroir à la con.

Enfin, l’ironie totale étant que Gwyneth a réussi la masterclass suprême : être aussi chic que Carolyn et avoir fait de Goop une entreprise qui fonctionne super bien dans ce que je soupçonne être plus une arnaque faite aux riches qu’aux pauvres (sacrée Gwyneth). En somme, elle a fait ce qu’ils auraient voulu faire chacun en leur temps. Gloire à toi, Gwyneth, avec tes bougies qui sentent ton vagin pour 75 $, et vive les rollers !

19.3.26

One hundred tampons


J'ai l'impression de ne pas avoir changé de journée depuis hier. Genre, je suis allée à la pharmacie ce matin, sauf que non. Non, ce matin, je me suis réveillée au petit matin et j'ai lu que Patrick avec 5 iiiii allait voir sa carrière voler en éclat, et j'ai souri. Un sourire bien satisfait et plein de ricanement en pensant avec énormément de tendresse à Jean-Louis Murat qui doit dormir du sommeil du juste dans son cercueil. En somme, le réveil était assez sympa. Navrée, Patrick.

Comme je disais dans ma dernière note, il ne faut jamais dire fontaine. J'avais vu juste. Ces putes de règles ont ramené leur gueule après, semble-t-il, avoir enfin retrouvé leur putain de chemin. Ça et la putain de douleur en bandoulière, histoire que je déguste bien comme il faut.

J'avais pourtant nourri beaucoup d'espoir à l'idée que je me dirigeais avec joie vers la ménopause. Vais devoir attendre encore un peu, quelle crotte.

Mon cerveau est évidemment en vrac. À cet instant, je suis assez convaincue que 5+5=37.

Pris une douche, tartiné mon superbe visage de Lipikar. Je suis dans mon pyjama pilou préféré qui me donne l'air d'avoir 8 ans alors que, ouais, tu vois hein.

C'est un peu une note en berne, mais Patrick me comprendrait fort bien à cette heure.

18.3.26

I'm not a birthday present


Dormi comme une merde sans le Xanax. Une vraie merde. Raison même de mon escapade à la pharmacie ce matin. Me suis levée à 9h avec l'impression d'avoir passé ma nuit sur ou sous un tracteur. Puisque ça fait quand même 10 mois que j'ai zoné chez moi dans mon dédale de remise à zéro des comptes, ou presque, je n'ai pas franchement sorti ma gueule dehors pour des balades régulières qui tonifient le corps et l'esprit.

Mais moi étant moi, j'ai entamé la côte qui me mène vers le Graal comme si j'étais une athlète olympique. Je suis quelqu'un qui marche naturellement vite, à grandes enjambées, avec une facilité déconcertante. Me suis dit que ça ferait pareil malgré les 10 mois, et force est de constater que je savais toujours aligner mon pas pressé. Sauf qu'au bout de quelques mètres, PUTAIN, la douleur. Cette connasse de douleur dans le bas de mon dos qui criait : "ouiiii paye ton endométriose sévère, pétasse". Les poumons qui hurlaient : "ouaaiiiis et ta vape aussi, bouffonne", ainsi que : "paye ta version nihiliste des 10 derniers mois, grosse nouille". Résultat, je suis arrivée totalement essoufflée, la tête qui tourne et pas loin de tomber dans les pommes. Sans compter sur la pharmacienne qui me saturait de questions telles que : "vous faites de l'asthme ?", "vous ne faites pas de sport ?", "est-ce que ça vous arrive souvent ?", tandis que la saga Star Wars défilait devant mes yeux et que mes poumons semblaient en fin de vie. J'avais l'impression d'avoir 85 ans ou d'être une de ces connasses de L.A. qui contemplent l'idée de s'offrir un caisson hyperbare.

Au bout de quelques minutes, je suis parvenue à balbutier ce que j'étais venue chercher. Je suis rentrée en me disant que j'étais pas en état pour me trimballer avec ma vape dans mon sac au cas où l'envie de nicotine me prendrait.

Rentrée et avalé un Xanax dans la minute. Retour à une presque plénitude. À part ça, je sais pas ce que foutent mes règles si ce n'est une grève. Meh. Il ne se passe quasiment rien et, bien que cette étape me semble un peu précoce mais pas tout à fait extraordinaire d'un point de vue médical, disons que je suis assez contente de me contenter de tampons relativement petits... Ça me change de ce que j'ai connu toute ma vie. Je suis pas loin d'allumer un cierge pour que je sois vraiment ménopausée dans peu de temps.

Cela dit, il ne faut jamais dire fontaine. Peut-être que demain, ça me fera à nouveau comme il y a 3 mois : l'impression d'égorger un énorme animal dans ma baignoire avec une odeur de fer si surréaliste qu'une personne carencée pourrait combler son négatif avec seulement une grande respiration.

On verra.

C'est une journée qui flotte. Je ne suis pas vraiment poussée par une émotion particulière ni un objectif précis. Une journée ensoleillée bien qu'encore un peu froide où on se laisse vivre sans trop chipoter. J'ai bien bouffé mon petit déjeuner, j'ai bien bouffé mes fruits, mon chat se tape un coma dans le canapé pendant que je regarde True Story pour la ixième fois sur Netflix. Parce que James Franco restera un putain de bon acteur même avec une carrière en miettes et que Jonah Hill a toujours été un bon acteur, quoi qu'on puisse penser de lui. Un beau mariage de talent pour un film regardé en peignoir un mercredi après-midi ensoleillé.

Je pense aller faire une sieste histoire de récupérer un peu ma petite dette de sommeil. Jusqu'ici, ma gueule voit toujours la lumière du jour et je pionce la nuit. Horaire normal. Je suis assez contente du truc.

17.3.26

Please don't confront me with my failures


 
On a commencé la journée par un matin chaffouin. Temps gris, fait froid, dormi 8h mais encore fatiguée. Il y a des journées qu'on trouve ne servir à rien. La peau de mon visage chauffait à mort et c'était pire que sec. Théoriquement, je devais aussi me rendre à la pharmacie mais la motivation n'était pas de mon côté. 

Finalement, me suis quand même levée à cause l'inflammation au visage pour prendre une douche. Merci mille fois à toi, La Roche Posay, pour ce baume Lipikar qui trainait chez moi. Trois putain de couches successives. TROIS. Je suis aussi censée être réglée mais euh, ces derniers mois, ça s'amenuise à fond. Plus le temps passe et plus léger ça devient. En regard de mon endométriose, je dirai que c'est plutôt une bonne chose. Cela étant dit, ça me fait quand même tout bizarre. J'ai l'impression que mon corps se dirige bien comme il faut vers la ménopause sur une autoroute bien dégagée. A peu près persuadée d'être sur le tronçon de la péri de façon royale, quoi. 

Peau secourue, j'ai quand même lancé 2 machines à lessiver puis je me suis attelée à cuisiner mon super poulet. Entre temps, bouffé une tartine toastée avec de la coppa, des copeaux de parmesan, un filet d'huile de truffe, sel poivre : putain de tuerie. J'ai bouffé un cookie chocolat avec un grand verre de lait juste après mon super poupou. 

En somme, malgré l'hostilité du matin, je dirai que j'ai quand même assuré. Demain, go à la pharmacie. 

Motivation toujours en râde tout comme mon inspiration. 

M'enfin, vous savez malgré tout que j'ai vraiment bien bouffé ; ce qui est une information capitale. 

13.3.26

Malibu

Gia Carangi & Sandy Linter <3

Quand j'étais plus jeune, je suis tombée sur l'histoire de Gia Carangi et y avait des trucs de son enfance qui cognaient bien avec la mienne. Depuis, je pense à elle une fois tous les deux ans grosso modo. Elle arrive dans ma tête totalement en random select. Cette fois, c'était ce matin, je regardais encore le plafond.

Hier, comme les autres soirs depuis quelque temps, je suis de nouveau allée me coucher tôt. Ça oscille entre 21h30 et 22h45. Autant dire que pour une meuf qui a eu l'habitude de se foutre au lit à midi ou 14h, ça tient presque du miracle. Ça m'empêche pas encore de temps en temps d'éclater une nuit ou deux par semaine mais disons que ça se régule sans que je me force trop la main.

Levée tôt ce matin, 6h. Mal dormi, vents en rafales contre les volets toute la nuit mais globalement, ça va bien. Gia Carangi, donc, coucou charmante demoiselle (oui euh, hein, la bisexuelle en moi, voilà). Je prends ma douche, je sèche mes cheveux en questionnant la pertinence de mon geste quand le gros temps de novembre s'éclate bien contre la vitre de la salle de bain. Je sais que ça sert à rien mais c'est le seul jour de la semaine où je consens à faire un effort capillaire --- sinon les boucles sauvages. Je me demande quand même si je dois pas rappeler une amie pour recouper encore plus mes cheveux. Longtemps j'ai rêvé d'une pure crinière de sirène mais avec les années, les longueurs me gavent de plus en plus.

Je chope un café et je vais faire les courses. D'abord de quoi recharger cette foutue cigarette électronique : toujours la même saveur, la même dose et au même nombre de flacons (comme quoi, y a quand même une ossature réelle dans ma vie). Je veux payer mais ça merde avec ma carte. Le gars me propose de revenir dans 20 minutes ; le temps de bidouiller le terminal.

Je rentre dans le Carrefour, réflexe archaïque, je me plante devant les magazines. Au premier moment, ça me fait un effet totalement bizarre et limite étranger alors qu'il était commun il y a 15 ans. Entre avant et maintenant : nos propres histoires qui prennent trop de place. 15 ans sans toucher un magazine, 5 ans sans lire un seul putain de livre. Les livres s'entassent, patientent, m'attendent, prennent la poussière le temps que je me décide. La collection n'est pas dégueux, loin de là, mais ça bloque, ça veut pas. Commençons petit. Bon, en clair, je suis pas à la librairie trop cool à laquelle je vouais une fidélité sans faille. Je regarde à droite à gauche ; je me sens soit bouffée par les drames qui hurlent ou presque pire les bons gros conseils hyper healthy ou ce positivisme tellement enfoncé dans la gueule que t'as l'impression que c'est Adolf bouffant un saumon vapeur qui le rédige et exige. Finalement, je prends ce que j'ai connu le plus longtemps, je feuillette et je suis presque avec les yeux humides en train de retâter ce beau papier à la fois futile mais nécessaire pour respirer un autre air que le mien. Ça ventile, j'avais oublié l'effet que ça faisait.

Je chope en même temps un Pepsi et mon masque à la camomille pour les cheveux. J'hallucine sur la présence de masques en tissu à poser sur le visage fabriqués uniquement pour les enfants (et sans doute par des enfants aussi, va savoir).

Finalement, le terminal accepte ma thune et je récupère mon bordel.

Fais les courses. Bon, trois choses vraies en ce monde (du moins me concernant) : ne pas faire ses courses le ventre vide, ne pas faire ses courses à deux minutes de remplir un tampon, ne pas compiler les 2 précédents. Résultat : un caddie mi-enfant accro au sucre mi-adulte qui a sa routine mais vend son âme en 2 minutes pour des conneries totalement dans l'air du temps (on voit bien que juste lire une couverture de magazine t'induit déjà bien comme il faut dans le "convenable". M'enfin, j'ai pas la force de lutter là tout de suite). Cela étant dit, en ayant bien fait morfler mon budget, je reste contente du résultat. On verra si je m'aperçois que c'est une idée de merde (un peu comme le litre d'Alpro à l'amande grillée. Gnerf, nope, pas mon truc.).

Nausée toutes les 20 minutes, bien rythmées, bien régulières. Le corps qui déconne parfaitement comme à son habitude depuis 3 ans.

Je rentre chez moi, je range et je trie. Je passe l'aspirateur directement parce que j'ai enfin pigé que si je me forçais pas à le faire le vendredi, je faisais ma conne en le reportant au samedi puis au dimanche alors que je cible bien le lundi sans me l'avouer. Lundi arrive et bref, t'as compris. Donc, je m'auto-gruge pour passer mon week-end à accueillir mère nature dans les meilleures conditions.

Je vire mes fringues, me demande encore une fois si vraiment je dois absolument continuer d'acheter des soutifs que je ne mets de toute façon plus depuis quelques mois tandis que mon cerveau balance avec une voix sous hélium : "nooooon". Et je pense que je vais l'écouter. La tessiture de la voix est conne mais le conseil est propre et carré.

Bon gros week-end calme en perspective. Canapé, bouffe plein le frigo, des magazines qui me remuent un peu mon coeur sensible, des bains (enfin ouais, on verra du coup), me taper la totalité de la filmographie de Cusack en pyjama en testant l'eau de coco qui coûte un rein mais j'ai pas les fonds pour migrer en Martinique comme mon frangin une fois l'an. Ça a intérêt à bien me désintoxifier le dedans du corps et nettoyer les détritus qui nagent dans mon crâne. Faisons confiance, donnons sa chance à ce produit d'influenceuse premium (mais j'ai quand même pris 2 boîtes de cassoulet, on sait jamais. J'anticipe la déception. J'ai appris à me cerner).

Voilà. Ça et aussi regarder Les Oiseaux d'Hitchcock comme quand j'étais gosse avec mes grands-parents entourée de fumée de clope.

Le film The Substance en fond sonore et l'haleine Whiskas de mon chat qui vient de se poser sur mes genoux.

On est bien.

Je suis claquée, il va bientôt être 18h. Dodo tôt en perspective all over again.

12.3.26

Strawberry fields forever

Je ressemble juste à une boîte de lait OATLY au goût fraise. Putain, on se fait vraiment niquer par le marketing, c'est dingue. M'enfin, c'était bien vu de ma part d'avoir trouvé l'inspiration dans mon frigo ; ça se cache vraiment n'importe où.

11.3.26

I just called to say I love you


Non, je n'ai pas vu les elohim par la fenêtre mais je garde espoir. Big up à toi, Claude, tu as beaucoup d'humour. En revanche, j'ai eu ma mère au téléphone. Rien de tel pour nous faire comprendre à quel point la famille est dysfonctionnelle, ne s'en rend pas compte ou ne veut pas s'en rendre compte, que le nul ce sera quand même vous dans toute l'histoire. 

Bien. 

Rien de neuf sous le soleil, donc. 

Bon, à part ça, j'ai taffé ce foutu design durant des jours. DES JOURS. Je ne sais pas trop si j'y mets tout mon coeur parce que "mon blog, c'est ma VIE!" ou si c'est "putain ma vie, quelle police d'écriture convient donc le mieux à mon merdier ?!". Je penche sévèrement pour la deuxième option. C'est important d'utiliser courrier pour le caca ; c'est à dire corps du texte, Droid sans mono pour bien fracasser la rétine avec un titre qui tabasse et allerta stencil pour hurler au monde entier ce qu'on est pas pour ses parents : un putain de morveux génial qu'on adore ! 

Les choses dans mon blog sont finalement assez alignées et cohérentes ; ce qui n'est pas le cas dans ma vie. Mais sur mon blog, au moins, c'est joli. C'est déjà ça de pris et non négligeable, vous en conviendrez. 

J'attends la mer rouge avec impatience juste pour être dans mon lit avec deux bouillottes et mon chat (quand il n'est pas parti au bordel voir les putes et faire la bagarre aux autres chats du quartier. Peut-être devrait-il aussi avoir un blog pour raconter sa vie trépidente et le festin de croquettes au fromage pour chat qu'il bouffe comme un taré de la junk food). 

Mon humeur est coussi coussa au même titre que le système familial dans lequel je vis. Beaucoup d'absurde, de non sens, de stupidité et disons-le de rancoeur qui se digère pas facilement. 

Le bon point, c'est que plus le temps passe et plus je n'en ai plus rien à foutre. A croire que mon objectif est presque d'avoir un titre de blog "I'm a fucking hobo and i'm loving it !" -- ce qui les couvrirait de honte mais qui m'obligerait peut-être à pratiquer ce putain de ukulele à la con qui abondait dans tous les foutus appartements truffés d'étudiants à l'âme festive mais sensible il y a environ 15 ans. 

J'ai bouffé deux tartines au thon et une mozzarella. 

On ne peut pas briller en permanence. 

10.3.26

Cooking disaster

Je vais avoir mes règles dans cinq jours, donc je suis en pleine phase je te bute si tu respires trop fort.

En plus, vu l'heure, c'était le moment de me faire à souper. Donc j'ai sorti des steaks mais ça n'allait pas, car je les avais foutus l'un sur l'autre dans le congélo comme une grosse blonde. Les deux cons se donnaient la main, quoi. Une fois qu'ils ont fini par se dire adieu, j'ai sorti l'artillerie pour faire une sauce roquefort avec ma purée de patates douces (oui, oui, je sais). Résultat : j'ai avalé trois bouchées et roulé des yeux devant le désastre.

J'ai foutu ma bouffe à la poubelle. Ma cuisine ressemblait à Bagdad, mais tout est propre maintenant. J'ai ouvert la fenêtre, allumé une cigarette et pris Didion sous le bras. L'air piquait un peu mes joues, tandis que la brise emportait doucement avec elle mes regrets culinaires.

Dans la réalité, je suis juste en peignoir pilou, j'en ai rien à foutre de Didion, et je regarde le documentaire sur Raël.

Bref, je vais bouffer un tampon avec un Perrier menthe.

Je vais quand même guetter les elohim par la fenêtre, on sait jamais.

9.3.26

I love you so

On ne devrait jamais avoir à s'excuser, regretter ou amoindrir ce que la vie a bien pu nous offrir, que ce soit par chance ou non. Pourtant, on passe un temps con à le faire. Quand on est un peu conscient de ce qu'on a reçu, on se tend un peu autour des autres. On se fait petit, plus rond, plus doux, à voix basse. On ne vocifère pas vraiment notre bonheur, notre surprise ou notre étonnement. Ceux qui ont vécu dans des ambiances bien crasses et imprévisibles ont appris à saisir des atmosphères, le vent qui tourne, les regards avec de gros sous-textes quand le sourire, lui, te dit : “tout va bien mais je me force”. On sent ce qui grésille sur la ligne, comment un mot simple est chargé de sous-entendus. Et on comprend. On comprend toujours.

On arrondit les angles, on rapetisse ce qui emmerde, on reste convenable. En gros, on rembourre là où ça pique pour l'autre. Le comique et le tragique de l'histoire, c’est qu’ironiquement, plus on le fait, plus ça emmerde. Ça reste coincé entre soi et les autres. Même quand on ne dit rien, c’est là. Foutrement là. En ombre, en pensée, en frustration, en jalousie, en indifférence feinte. Mais ça reste là, à planer au-dessus de votre tronche comme une auréole ou un nuage menaçant pour l'autre, c'est selon.

Je n'ai jamais vraiment écrit sur elle. Ni quand j'avais 19 ans, ni après. Déjà, ça m'aurait semblé chelou. Ensuite, je pense qu'elle aurait trouvé ça un peu chelou aussi, même si -très franchement - à l'époque, elle aurait su, comme je le sais moi-même, que je l'aurais sans doute fait avec tact. J'étais une gosse. Une gosse qui n'avait ni vie sociale, ni hobbies, et qui ne rayonnait pas vraiment la joie comme beaucoup de gamins qui avaient un blog. En revanche, j'avais ma colère, ma rage, ma douleur, comme beaucoup de gamins qui avaient un blog. J'étais pas littéraire, j'écrivais pas des histoires dans des cahiers. Des histoires, j’en avais déjà trop plein le crâne, et y avait rien de glamour pour réceptionner le truc. J'avais une confiance en moi sous zéro, mais je parlais fort, je gueulais fort, je pleurais fort, et sans doute que je tapais trop fort sur mon clavier, histoire d’être raccord. Je savais pleurer des litres, mais j'avais l'énergie dangereuse des grands brûlés. J'affrontais ce qui faisait chier.

J'ai écrit dans l'océan de la blogosphère, quasi tous les jours, pour raconter mes bricoles. Je nouais plus de liens dans les commentaires avec des inconnus qu'avec des vrais gens autour de moi. Le truc a fait que Virginie a ouvert un blog pour la sortie de son livre Bye Bye Blondie. Virginie est devenue, en quelques clics, proprio d'un blog aussi beau que le nôtre et le centre de gravité pour nous.

La vie, l’alignement des planètes, la pluie à Hong Kong, écouter des groupes indie anglais, écrire sur un blog, a aidé une trajectoire. J’ai découvert Paris, le métro et le salon de Virginie pour la première fois dans la même foulée. Vingt ans après, je ne vais toujours pas m’étaler sur ce qui s’est dit, les mails envoyés, ce tout petit lien qui aura pourtant fait beaucoup. Pas par snobisme. Juste parce qu’on n’étale pas ce que l’autre n’aimerait pas voir étalé. Point. Néanmoins, ça m’aura aussi appris autre chose. Être en haut de la liste de son blogroll a fait grincer des dents, serrer des mâchoires, et ouvert des boîtes de Pandore à plein de gens. Comment le moucheron que j’étais, qui n’avait pas vraiment l’écriture du siècle, pouvait se retrouver dans le haut de la liste de liens à gauche ?! Ce petit détail a emmerdé quelques personnes. J’étais devenue - je cite - :“un des apôtres de Virginie Despentes” balancé tranquille au-dessus d’une bière tiède et d’une cigarette qui meurt dans le cendrier. La sérénité des gens cons est fascinante. Parce que j’étais l’apôtre de rien du tout. J’avais 19 ans, je n’avais absolument aucune ambition, je n’avais strictement rien à vendre ou à refourguer à la dame. Que dalle. Pas même d’aller tâter du journalisme griffonné comme une ado pour le Rock ’n Folk façon Almost Famous. Je n’avais même pas lu tous ses livres quand je l’ai rencontrée. J’avais rien dans mes petites mains à lui tendre, ni rien à quémander. En somme, bah, j’étais parfaitement inoffensive pour les ambitieux, les travailleurs, les rêveurs, les meilleurs que moi. Et en gros, peut-être que tout a toujours tenu là-dedans, le bon comme le mauvais. Je lui parlais comme si c’était un être normal… pas une meuf qui devait me catapulter plus loin que je n’aurais pu ou voulu aller, ni le génie qui exauce des souhaits, ni même un répertoire de gens à connaître. J’étais timide, sans doute un peu funny, et avec une candeur assez proche de celle de Mowgli. Un bol d’air presque frais pour elle. Un petit coup de Febreze dans l’abondance de ce que les jeunes appellent maintenant des “pick me”.

La vie est une tartine de merde et on en mange un peu tous les jours. Bien. Bah écoute sur ma tartine de merde, un jour, j’ai eu une foutue cerise, la chantilly et des vermicelles de toutes les couleurs. Et crois-moi que ça m’a bien enchantée. Elle a été avec moi quelqu’un de super gentil, drôle, surtout pas “tiens, prends mon ego dans ta tronche, enflure”. Et si j’ai su m’articuler assez aisément avec elle, je pense qu’elle avait aussi très bien pigé comment s’articuler avec ce que j’étais. Ce que je trimballais et que je taisais ou n'arrivait pas à dire, et sans doute qu’elle avait reniflé le bordel en moi bien plus précisément que moi et de façon hyper évidente pour elle.

Ça a été une rencontre humaine, en fait. Pas une rencontre d’opportunité. J’étais la fille qui n’en faisait rien, qui n’en disait rien, qui n’a jamais capitalisé dessus. Au mieux, ça me rendait idiote ; au pire, ça me rendait ultra hautaine. J’ai eu, en somme, une place dont je n'ai rien fait. Et probable que je n’en ferai d’ailleurs jamais rien.

Après, la vie a été la vie. On a fermé des blogs, il y a eu du soleil à Hong Kong, on a écouté d’autres groupes de rock, et la promo Bye Bye Blondie était finie. Sans parler de la plateforme 20six qui est partie tellement en couille que ça ressemblait juste à des parents qui auraient gueulé depuis le salon : “Dans votre chambre et fermez-la, bordel.” Il y a eu une fin. Sniff.

Ça a été une très, très, très belle rencontre et ça a beaucoup compté dans mon contexte privé. Dans ce que je vivais. En revanche, j’ai détesté avec passion ce que ce monde entraîne et qui schlingue à mort. Je hais de façon épidermique ce que ça change dans le rapport à autrui, ce que ça demande toujours de clarifier ou non, de remettre en perspective ou pas. Le regard qui ne vous regarde plus du tout pour ce que vous étiez ni pour ce que vous êtes réellement : juste une gosse paumée qui a eu de la chance et qui, ironiquement, a fait avec la principale intéressée ce qu’elle faisait traditionnellement dans sa vie : ni pire, ni mieux. Ce qui pourrait ressembler à une forme d’intégrité inconsciente.

Et non, toujours non, carrément non, je n’ai toujours rien à vendre. Est-ce que je torche du papier chez moi ? Oui. Est-ce que je veux le vendre ? Fuck no. Cette petite incartade dans le monde artistique et ce que j’en ai vu n’est tout simplement pas fait pour moi. Parce que j’ai pas la patience. Et je suis toujours trop paresseuse et impulsive à souhait. J’ai pas les nerfs pour me farcir le côté laid du truc sans vouloir tailler des costumes 3 pièces sur mesure avec les épingles bien enfoncées dans le tissu et la chair. Ou alors faudrait prendre des drogues, devenir alcoolique pour supporter le bazar et euh… comment te dire ? À 39 ans, je bois du lait sans lactose. J’ai fait un choix. 

Pas de livre à publier, pas de lactose non plus.

Mais j’espère être restée à l'intérieur ce qu'elle appellait une "petite orange mécanique". 

C’est écrit à la va-vite, de traviole avec un talent littéraire en liquidation totale. Mais c’est aussi exactement ce qu’elle a rencontré à l’époque.

Ni mieux.

Ni pire.

Ni plus.

Ni moins.

J’ai défoncé une porte de salon vieille de vingt ans où il n’y avait rien à voir sauf pour les 2 protagonistes de l'histoire. 

C’est fait, je referme.

Vi, des bisous en WiFi jusqu'à toi <3

7.3.26

Oh it's healing, bang, bang, bang

Se pourrait-il ?! Depuis ma note du poulet, comme je l’ai dit, j’ai dormi comme un bébé. Je ne sais pas… j’ai l’impression d’avoir lâché un truc qui, en un sens, regroupait encore bien plus de choses que celles dites explicitement. Je n’ai pas juste été simplement soulagée. C’était plus ouf que ça… j’ai juste eu l’impression d’avoir lâché 15 tonnes qui me faisaient chier depuis des années. Ça m’a assommée comme quand on a exagéré en faisant son footing ou quand on s’est vu inviter par un pote pour faire une putain de rando de 40 km quand, toi, concrètement, ton trail se limite entre le canapé et le frigo, quoi. Tu reviens de la rando totalement en vrac mais content dans ta douleur. Ça a fait circuler l’air dans ton crâne de merde, ça a refoutu de l’ordre dans ton organisme rouillé, t’as tâté de la fougère plutôt que des mouchoirs pleins de larmes. Bah voilà, mon poulet bouffé et mon poulet écrit, ça m’a fait pareil.

Depuis, sans effort, mon petit être se réaligne tout seul sur un rythme de vie légèrement plus viable pour l’organisme. Je ne suis pas carré, mais disons que mes yeux se sont remis à apercevoir la lumière du jour et mon corps à dormir un peu la nuit ; ce truc normal pas arrivé depuis 10 mois.

Du coup, pour un samedi, je me suis réveillée à 10h. Pas dégueux quand, théoriquement, à cette heure-là, je ne suis pas loin d’aller faire ma nuit. Un truc bien entraînant un autre truc bien, ça a été le ballet de l’aspirateur, des tables de chevet nettoyées et rangées (au revoir les emballages de bonbons, gros bisous bouteilles de soda vides — ouais euh décharge mentale, décor de poubelle, esprit teenage dirtbag, hein, t'as vu.). Ouverture de tous ces putain de volets, je vais pouvoir faire mentir mes voisins qui me croyaient sans doute comme étant la Laurie Strode du quartier (note bien que mon Michael Myers intérieur est aussi un putain de connard quasi increvable). Ouverture des fenêtres pour respirer de l’oxygène sponsorisé par la nature près de chez moi, couette à la fenêtre qui prend un bain de soleil fébrile de mars.

Ma cuisine reprend un esprit cocon et non plus celui d'un QG en plein Vietnam avec la caméra de Francis Ford Coppola dans la gueule.

Mon lave-vaisselle vient de finir son cycle, mon chat traîne dehors. Dans ma chambre, ça sent presque le printemps. L’arbre fruitier de mon voisin est totalement in bloom et ses deux moutons noirs se dandinent dans leur prairie.

Orange Is the New Black tourne en fond sonore dans mon salon qui sent bon pendant que les oiseaux chantent.

Je pense me faire à bouffer, jouer aux Sims 4 comme une gosse. Ce soir, je vais prendre un bain victorieux qui embaumera ma salle de bain over vintage de Felce Azzurra Muschio Bianco avec son demi-kilo de sels de bain, puis aller dormir presque tranquille dans un lit de draps frais.

Lit de roses, enfin, je reviens.

4.3.26

Serving cunt

Je me suis dit que j’allais torcher une note à la gloire de mon poulet bien assaisonné et de la purée de patate douce que je me suis préparée afin de sauver mon âme et mon moral. Ça m’arrive quand je me sens comme une gosse balancée dans une machine à laver et quand je sens trop qu’on m’emmerde, qu’on essaye de me la faire à l’envers comme un branleur ou, pire, qu’on me vampirise comme un fucké en se pensant subtil. Ce qui, évidemment, est rarement le cas.

J’ai jamais compris pourquoi les gens se sentaient à ce point à l’aise pour me faire des coups de pute. Cela dit, je subodore que c’est lié à une sorte de gentillesse qu’on sent en moi ou à mon côté enfantin funny (ou je leur rappelle trop Zézette dans Le Père Noël est une ordure, j’en sais rien) et, dès lors, ils s’imaginent qu’ils peuvent se comporter comme si j’étais un établissement en open bar. Alors qu’en fait, j’ai grandi dans un truc qui ressemble plus à un resto clandestin tenu par des ex-taulards en liberté conditionnelle avec un sérieux problème de sécurité.

Ça me rappelle mon ex-voisin qui se prenait pour le roi de la street en écoutant PNL à fond (un bon indicateur de lose, ce qui aurait été nettement moins probable et m’aurait induite en erreur si ça avait été un bon son du Wu-Tang). Alors que le gaillard, bah, il me faisait juste penser à Pinkman dans Breaking Bad, avec une grosse toux de tox, des poumons en PLS et une mauvaise stratégie de marché, pendant que je sentais grandir la Walter White en moi, voulant juste lui laisser de l’Actifed avec une sucette sur son palier et revoir avec lui son mode de livraisons, car il n’avait manifestement aucun skill en logistique, ce pignouf ! Je me suis consolée quand sa BMW flambant neuve a eu la même allure qu’une Twingo à la casse depuis 2002 en l’espace de six mois sous ma fenêtre. Grandiose ! 

Pareil pour ce mec qui me bouffait des pans entiers de paragraphes tranquillou pilou, ou qui se sentait assez en veine pour s’approprier des morceaux de ma vie dans ses livres alors que ce n’était qu’un gros incel de mes deux, drapé dans son costume d’écrivain maudit incompris raté, à qui j’avais eu le malheur de partager mes écrits (il m’avait dit aimer les Smiths, je me suis faite avoir comme une bleue). Il me disait que c’était de l’art, quand c’était juste du lard rance qu’il tentait de faire passer pour du crispy bacon en émulant à la grosse louche ce que j’aurais pu écrire, sauf que ça avait juste la gueule de ce que j’aurais écrit mais avec ma main gauche. Donc à rien.

En gros, fake Michel Houellebecq n’avait toujours pas capté que bouffer des dictionnaires et des bibliothèques ne lui offrirait jamais la lumière tant espérée s’il ne plongeait jamais dans son propre univers, sa propre chair, son propre style, sa propre histoire et sa propre crasse pour donner du corps. Le sien, pardi ! Marcher obstinément à côté de soi-même n’aide pas vraiment l’écrivain en devenir, selon moi. Mais vu que j’ai aucune vocation en ce sens, peut-être que je me trompe, mais je crois pas.

Bref, le mec tentait trop de se la jouer Seth Brundle avec ses télépodes à la con sans coder le goût de la chair dans sa bécane. Il a lu tout Céline, mais il n’a jamais regardé le film La Mouche, et ça se voit. (Grave erreur, bonhomme !)

Parfois, j’ai des réactions en adéquation avec le nul de la vie, et je pleure mes yeux à la manière des fontaines du Bellagio. Cela étant dit, toutes ces crevures m’ayant trop poussée dans les orties se sont heurtées à un easter egg chez moi : ce moment où je ferme ma gueule, que je continue d’avoir l’air con-niaise-Sailor Moon sous exta, mais que je compile religieusement tout le merdier comme un agent de la DEA traquant sans relâche Pablo Escobar, avec une patience angélique, jusqu’au moment opportun de leur servir leur propre merde dans une assiette bien froide. (Vengeance sauce Adele et son Rolling in the Deep. SPOILER : ça a marché !)

Qu’en fait, outre ma gentillesse, ma naïveté relative et ma facette rigolote, c’est surtout les gens qui ont une âme qui pue et qui pensent que je sens rien comme si j’avais le covid.

You got it all wrong, big boy !

Bon, tout ça pour dire que je voulais torcher une note sur mon poulet et ma purée de patate douce. C’était vachement bon !

Gordon Ramsay serait fier de moi, de cette note, de ce poulet, de cet esprit anti-connerie et du chapelet d’insultes psalmodié tout le long de cette note.

2.3.26

Speaking words of wisdom

Putain d'enculé de sa mère de trou du cul de fils de pute.

Bonne journée <3

1.3.26

Pro tip


 En carton.

Mais pro tip quand même.

Si, comme moi, t’as foutu ton quotidien en vrac pour contempler ton plafond, ta vie, tes erreurs, tes merdes, il y a fort à parier que tu vas être en retard dans les choses quotidiennes que les bons apôtres de cette planète savent gérer comme des dieux tandis que tu te noies dans la vase de l’existence.

Mais, afin de t’éviter la même erreur que moi ou de crever les yeux de ton psy, je t’offre l’alternative en mousse mais qui peut marcher si tu restes éveillé la nuit et que tu dors le jour tel Edward Cullen (ouais enfin, c’est vrai que lui ne dormait pas tout court, taré) (ou comme Lestat et Louis, cette référence pour ceux qui commencent à faner comme moi) :

Fais tes lessives la nuit, règle tes factures la nuit, range et nettoie ta maison ou ton appartement la nuit.

Car si tu es à fond dans ton merdier depuis des mois, il se pourrait aussi que tu te flagelles tous les jours en mode “pourquoiiiii je sais pas faire comme tous ces couillons et arranger mon merdier en journée ?! J’ai encore raté, je ferai ça demain.” Diantre, grave erreur. Parce que toi et moi, nous savons que tu foutras rien demain. Peut-être même que la solution tendue de te bouger le cul et de le faire comme tout le monde directement, comme un brave soldat, te fait faire de la tachycardie alors qu’il te faut un intermédiaire pour renouer avec un truc chiant comme la mort mais qu’il serait bon pour toi de faire.

Alors, réapproprie-toi ces tâches over relous sur ton fuseau horaire tout pété et, quand tu te sentiras enfin prête à retourner dans ce monde où rien ne doit dépasser mais où tout est quand même fucked up sauf pour eux (delulu all over the place), tu n’auras pas 150 lessives en retard ni les huissiers à ta porte. Il te suffira juste de régler cette histoire de jetlag que tu te colles au train telle une rock star sortant de sa tournée stratosphérique.

Si tu compiles avec un travail en journée : technique hardcore par le vide de mon père (ou pense à Betty dans 37,2° le matin) -> les sacs poubelles pour faire une ambiance zen chez toi et une garde-robe minimaliste. C’est le moment de dire adieu à ton petit haut de 1998 que tu ne sais plus mettre et ce plateau rempli de conneries “on ne sait jamais” qui est surtout un pot-pourri “je m’en sers jamais”. Et surtout, ne réfléchis pas trop. Pas genre "j'ai le temps" de Marie Kondo. Imagine plutôt que l'ouragan Katrina, c’est pour ta gueule dans une heure. Y aura peut-être des regrets mais on a toujours des regrets.

Dans le même ordre d'idée.... si tu as une mycose sous les aisselles parce que t'étais trop en confiance avec ton rasoir rose qui a trop zoné sur le bord de ta douche ou ta baignoire, tu peux appliquer ta crème contre les mycoses vaginales dessus. IT WORKS !!! (Si t'es repartie avec un mec beau mais pas frais, qui se lave ni au Dove ni même au Dreft et que tu t'es faite avoir par l'Eau Sauvage de Dior dont il s'est arrosé comme un bourrin, par exemple. ça nous arrive à toutes -- du moins, nous sommes nombreuses). 

Fasten than a cannonball

Je me suis réveillée avec 3 pets de rayon de soleil dans la gueule et Oasis dans la tête. Pourquoi ? Sais pas. À mon avis une corrélation entre soleil -> sunshine – > et la version phonétique mancunienne “SONSHEEIIIIIIIINE” de Liam. Ce qui m’a foutue en joie, tu penses bien.

Ne me lancez pas sur leur tournée à la con. Et surtout, ne venez pas me vomir votre joie de les avoir vus en live dans les commentaires -- ce sera la seule et unique occasion où je les fermerai. Je me souviens, en août, quand je venais à peine d’emménager dans ma maison avec cette tournée surprise qui tombait tout droit sur le coin de la gueule (WTF?!). Et je te prie de croire que ça a été une très très très TRÈS longue négociation entre mon moi actuel et mon moi des 90’s. Parce que cette petite enfoirée des 90’s avait des putain de bons arguments que je ne pouvais pas ignorer et que mon moi actuel avait assez taffé pour avoir un chiffre pas dégueulasse et quelques zéros en plus sur mon compte épargne.

Que mon seul et unique fantasme non assouvi à ce jour (et qui reste encore un éternel regret) : voir Oasis en live, en Angleterre (désolée pour le reste de la planète mais j’ai aucune envie de voir ce groupe avec une foule de gros molassons ultra relous... exception faite pour l’Argentine), en k-way, en train de me prendre des pintes entières de bières tièdes et de pisse à la gueule, le sourire béat, dans une totale harmonie terrestre.

Donc après avoir sorti ma calculette, les réservations d’avion-hôtel-ET CETTE PUTAIN DE PLACE QUI COÛTAIT LA PEAU DU CUL PARCE QUE JE VOULAIS PAS ÊTRE DANS CES GRADINS POUR RETRAITÉS MAIS DEVANT LIAM QUI DÉGOULINE SA SUEUR JUSQU’À MOI, j’ai réalisé que ça faisait une somme considérable (quasi totalité de mon compte épargne). (Je me suis inquiétée de la fortune perso des frangins, étaient-ils en situation de faillite à deux doigts de se faire expulser de leur maison respective faute de loyers impayés ?!)

Cependant, l’enfant et l’ado en moi sont des putains de petits chiards convaincants à mort. En même temps, je regardais mon salon vide et ma chambre vide et ma cuisine vide de meubles aussi et euh... je réalisais aussi que je ne vivais plus chez mes parents, qu’on n’était plus dans les années 90 ni début 2000 et qu’il allait falloir saigner les économies pour pouvoir se permettre cette folie en tant qu’adulte presque responsable.

Du coup, la veille, je me suis sagement rappelée que “we’re all part of a master plan”. Ce à quoi je me suis dit que j’allais faire l’alliance de la gamine de merde en moi, la pseudo adulte et le destin en un seul coup et que je verrais bien le lendemain, à la réservation, si ça allait le faire ou pas. Je suis allée me coucher, j’ai pas mis le réveil, et je me suis ramenée glorieusement en peignoir, cigarette et café à la main à 10h30 devant mon PC pour faire la file avec mon paquet de fric et mon putain de rêve, laissant l’univers choisir pour moi.

J’ai compris que la multitude ainsi que les tarifs dynamiques de connard allaient bien me niquer la gueule au bout de 2h30 (et j’étais pas la plus à plaindre). En même temps, je me disais que je romantisais toute une époque à moitié révolue. Peut-être que j’allais devoir aussi faire des bracelets de l’amitié, boire de l’eau et apparaître en losedé dans les TikTok et Insta de tas d’inconnus sur les réseaux sociaux grâce à mon voisin de gauche ou de droite au premier rang, dans une ambiance plus semblable à Roland-Garros que la sortie d’ultras d’un match de foot. (T’inquiète, je sais très bien que je me raconte un tas de conneries pour pas chialer, ce sont mes mouchoirs artificiels.)

Suite à quoi, j’ai fermé mon ordi et je me suis dit que faire une razzia chez IKEA pour écouter Oasis dans le confort et le fantasme absolu n’était pas si dégueulasse non plus (chose faite). J’ai fini mon café-clope et je suis retournée pioncer.

Rétrospectivement, s’il y avait eu moins de gens, j’aurais moi-même sacrément bien renfloué les caisses des deux frangins et le reste du groupe. Parce que, putain, j’étais prête. Rétrospectivement, je ne jalouse que les gens de mon âge et plus qui auront assouvi ce rêve commun et certainement pas la chiée de gamins qui sont déjà passés à autre chose (ouais gamin, c’est la différence générationnelle. T’as pu fanfaronner 3 mois mais t’as pas grandi avec l’effervescence UK ni ce combat Blur vs Oasis.).

Parallèlement, je me suis dit que j’abordais mon blog avec une dégaine plus proche de celle de Liam sur Twitter que de Noel. Moins bien écrit, moins recherché, pas de guitare. Juste une main sur le clavier, un tambourin fictif dans l’autre tout en balançant des écrits torchés et envoyés en express avec un trop-plein de confiance. Ma force, mon oeuvre.

Tout ça pour dire que 3 rayons de soleil m’ont claqué à la gueule avec Oasis en Dolby Atmos instantanément au milieu de mes deux oreilles.

Incroyable ce qu’une météo, une literie douillette et des références culturelles peuvent faire.

Faut savoir choisir ses héros, ils savent vous garder en orbite au premier rang de votre vie parfois un peu tiédasse, et vous rappeler qui vous êtes. Au pire si vous ne savez pas ce que vous foutez, faites comme moi, vous pouvez toujours déambuler à travers la vie et votre baraque avec la même assurance biblique que Liam à Knebworth en 96.

Your favorite brat. 

(viens pas niquer ma belle journée dans les commentaires, trou du cul).