Bloc-notes écrit par une sale gosse.

26.3.26

Tell me what you know about dreams, dreams

Voilà.

Tout sera évidemment raconté. Tout ce qu'il y a de plus laid, sordide, glauque. On râclera jusqu'à l'os s'il le faut. 

Peut-être qu'un jour, les gens se pencheront sur ce qui s'est passé. Au final, sur leur propre comportement. Qu'il est si simple de se dire qu'on ne se rendait pas compte, qu'on ne pouvait pas mesurer, à l'époque, le carnage que ça allait faire. Comme il est doux de s'enrober de quelques aveux sur sa propre crasse quand on a cultivé la douleur, les larmes, la demande, le besoin, la dépendance du plus fragile durant des années.

Loana était Loana. Elle n'était pas Marilyn Monroe. Parce que j'entends déjà les mots tomber comme des roses sur ce qu'on n'a pas su prendre soin. À la poubelle, avec le reste. Tout comme cette hypocrisie qui pue encore plus aujourd'hui qu'hier. C'était une fille jeune, broyée bien avant l'heure, go-go danseuse, perdue, avec un manque d'amour colossal. Des failles béantes par lesquelles on a tenté de faire entrer la lumière, comme dans une chanson de Cohen, sauf que tout s'est cassé la gueule sans poésie, sans finesse, sans beauté.

Quand on décide d'accepter la candidature de cette fille à un jeu, on a assez louvoyé dans le monde de la télévision pour savoir vers quoi on tend, vers ce qu'on espère voir se produire et c'est tout sauf subtil ou joli. Des étoiles en papier pour décorer, des mots pour découper.

En 25 ans, chacun a assisté à un désastre. 25 longues années à se demander si c'était bien ou mal. 25 ans, c'est ce qu'il aura fallu pour la rendre ultra dépendante d'une came si hallucinée qu'elle n'en reviendrait jamais. 

Loft Story a été, est et restera ce qu'on a envoyé de plus nocif comme message aux gens. Ne faites rien, ne produisez rien, ne soyez que chair et on s'occupe du reste. On éditera tout le bordel tandis que vous serez claquemurés dans un univers opaque dans lequel vous n'aurez aucun contrôle. Et à peu de choses près, ça ressemble à quelque chose de tout à fait crasse, pas du tout éthique et purement abusif dans la plus stricte définition du terme.

La sortie est démentielle et totalement asymétrique. Des Champs-Élysées bondés pour fêter le droit d'avoir respiré dans une maison truffée de caméras, en vase clos.

Autrement dit, le rien.

Un manque d'amour abyssal qui se prend dans la gueule une bombe d'amour phosphorique.

C'est la seule lumière qu'elle verra de toute sa vie.

Elle aura essuyé tous les plâtres. Non, ce n'était pas une pionnière. Juste de la chair à canon. Une plaie qui saigne pour les requins. Une blonde qui a mal pour les vautours qui attendent patiemment.

Non, rien n'a été joli. Et rien ne l'a été ensuite.

Si elle a dégringolé de sa propre lumière, elle n'aura pas manqué de faire refléter le pire de chacun durant sa chute. On a tous regardé une fille essayer de se mouvoir dans notre regard, qui a été celui qu'on lui a donné. Celui à travers lequel elle s'est si longtemps regardée, identifiée.

Un miroir encore plus cruel que celui de sa salle de bain.

Qu’elle s’en aille et qu’elle ne se retourne pas.

Jamais.

Derrière elle, il n’y avait que notre laideur.