Bloc-notes écrit par une sale gosse.

13.3.26

Malibu

Gia Carangi & Sandy Linter <3

Quand j'étais plus jeune, je suis tombée sur l'histoire de Gia Carangi et y avait des trucs de son enfance qui cognaient bien avec la mienne. Depuis, je pense à elle une fois tous les deux ans grosso modo. Elle arrive dans ma tête totalement en random select. Cette fois, c'était ce matin, je regardais encore le plafond.

Hier, comme les autres soirs depuis quelque temps, je suis de nouveau allée me coucher tôt. Ça oscille entre 21h30 et 22h45. Autant dire que pour une meuf qui a eu l'habitude de se foutre au lit à midi ou 14h, ça tient presque du miracle. Ça m'empêche pas encore de temps en temps d'éclater une nuit ou deux par semaine mais disons que ça se régule sans que je me force trop la main.

Levée tôt ce matin, 6h. Mal dormi, vents en rafales contre les volets toute la nuit mais globalement, ça va bien. Gia Carangi, donc, coucou charmante demoiselle (oui euh, hein, la bisexuelle en moi, voilà). Je prends ma douche, je sèche mes cheveux en questionnant la pertinence de mon geste quand le gros temps de novembre s'éclate bien contre la vitre de la salle de bain. Je sais que ça sert à rien mais c'est le seul jour de la semaine où je consens à faire un effort capillaire --- sinon les boucles sauvages. Je me demande quand même si je dois pas rappeler une amie pour recouper encore plus mes cheveux. Longtemps j'ai rêvé d'une pure crinière de sirène mais avec les années, les longueurs me gavent de plus en plus.

Je chope un café et je vais faire les courses. D'abord de quoi recharger cette foutue cigarette électronique : toujours la même saveur, la même dose et au même nombre de flacons (comme quoi, y a quand même une ossature réelle dans ma vie). Je veux payer mais ça merde avec ma carte. Le gars me propose de revenir dans 20 minutes ; le temps de bidouiller le terminal.

Je rentre dans le Carrefour, réflexe archaïque, je me plante devant les magazines. Au premier moment, ça me fait un effet totalement bizarre et limite étranger alors qu'il était commun il y a 15 ans. Entre avant et maintenant : nos propres histoires qui prennent trop de place. 15 ans sans toucher un magazine, 5 ans sans lire un seul putain de livre. Les livres s'entassent, patientent, m'attendent, prennent la poussière le temps que je me décide. La collection n'est pas dégueux, loin de là, mais ça bloque, ça veut pas. Commençons petit. Bon, en clair, je suis pas à la librairie trop cool à laquelle je vouais une fidélité sans faille. Je regarde à droite à gauche ; je me sens soit bouffée par les drames qui hurlent ou presque pire les bons gros conseils hyper healthy ou ce positivisme tellement enfoncé dans la gueule que t'as l'impression que c'est Adolf bouffant un saumon vapeur qui le rédige et exige. Finalement, je prends ce que j'ai connu le plus longtemps, je feuillette et je suis presque avec les yeux humides en train de retâter ce beau papier à la fois futile mais nécessaire pour respirer un autre air que le mien. Ça ventile, j'avais oublié l'effet que ça faisait.

Je chope en même temps un Pepsi et mon masque à la camomille pour les cheveux. J'hallucine sur la présence de masques en tissu à poser sur le visage fabriqués uniquement pour les enfants (et sans doute par des enfants aussi, va savoir).

Finalement, le terminal accepte ma thune et je récupère mon bordel.

Fais les courses. Bon, trois choses vraies en ce monde (du moins me concernant) : ne pas faire ses courses le ventre vide, ne pas faire ses courses à deux minutes de remplir un tampon, ne pas compiler les 2 précédents. Résultat : un caddie mi-enfant accro au sucre mi-adulte qui a sa routine mais vend son âme en 2 minutes pour des conneries totalement dans l'air du temps (on voit bien que juste lire une couverture de magazine t'induit déjà bien comme il faut dans le "convenable". M'enfin, j'ai pas la force de lutter là tout de suite). Cela étant dit, en ayant bien fait morfler mon budget, je reste contente du résultat. On verra si je m'aperçois que c'est une idée de merde (un peu comme le litre d'Alpro à l'amande grillée. Gnerf, nope, pas mon truc.).

Nausée toutes les 20 minutes, bien rythmées, bien régulières. Le corps qui déconne parfaitement comme à son habitude depuis 3 ans.

Je rentre chez moi, je range et je trie. Je passe l'aspirateur directement parce que j'ai enfin pigé que si je me forçais pas à le faire le vendredi, je faisais ma conne en le reportant au samedi puis au dimanche alors que je cible bien le lundi sans me l'avouer. Lundi arrive et bref, t'as compris. Donc, je m'auto-gruge pour passer mon week-end à accueillir mère nature dans les meilleures conditions.

Je vire mes fringues, me demande encore une fois si vraiment je dois absolument continuer d'acheter des soutifs que je ne mets de toute façon plus depuis quelques mois tandis que mon cerveau balance avec une voix sous hélium : "nooooon". Et je pense que je vais l'écouter. La tessiture de la voix est conne mais le conseil est propre et carré.

Bon gros week-end calme en perspective. Canapé, bouffe plein le frigo, des magazines qui me remuent un peu mon coeur sensible, des bains (enfin ouais, on verra du coup), me taper la totalité de la filmographie de Cusack en pyjama en testant l'eau de coco qui coûte un rein mais j'ai pas les fonds pour migrer en Martinique comme mon frangin une fois l'an. Ça a intérêt à bien me désintoxifier le dedans du corps et nettoyer les détritus qui nagent dans mon crâne. Faisons confiance, donnons sa chance à ce produit d'influenceuse premium (mais j'ai quand même pris 2 boîtes de cassoulet, on sait jamais. J'anticipe la déception. J'ai appris à me cerner).

Voilà. Ça et aussi regarder Les Oiseaux d'Hitchcock comme quand j'étais gosse avec mes grands-parents entourée de fumée de clope.

Le film The Substance en fond sonore et l'haleine Whiskas de mon chat qui vient de se poser sur mes genoux.

On est bien.

Je suis claquée, il va bientôt être 18h. Dodo tôt en perspective all over again.